Ce que les enfants neuroatypiques m'ont vraiment appris

Après plus de 15 ans dans une classe en tant que professeure des écoles, et aujourd’hui en tant que psychopédagogue spécialisée auprès des enfants TDAH, TSA, DYS et HPI en Vendée, j’ai accumulé des expériences qui ont profondément transformé ma façon de voir les enfants — et les apprentissages.

Mais la leçon la plus précieuse, ce ne sont pas les formations qui me l’ont donnée. Ce sont eux.

    Quand quelque chose ne fonctionne pas, ce n’est pas l’enfant qu’il faut changer

    J’ai appris que lorsque quelque chose ne fonctionne pas, ce n’est pas la personne qu’il faut changer.

    Parfois, c’est notre regard. Parfois, c’est l’environnement. Parfois, c’est simplement notre façon de faire.

    C’est une idée simple en apparence. Mais dans une classe de 25 élèves, avec un programme à tenir et des évaluations à préparer, ce changement de posture demande un vrai effort. Et parfois, un peu de courage.

    plante illustrant le travail de psychopédagogue modifier l'environnement

    L’élève qui dessinait… et qui écoutait

    Je me souviens d’un élève qui ne tenait jamais en place. Il bougeait, manipulait, dessinait sans arrêt. Comme beaucoup d’enseignants, j’ai essayé de lui faire ranger son crayon et de se concentrer « comme les autres ». Sans succès.

    Puis un jour, j’ai fini par lâcher prise. Je l’ai laissé dessiner.

    Et j’ai découvert quelque chose d’incroyable. Pendant qu’il dessinait, il écoutait. Il participait. Et surtout, ses réponses étaient souvent d’une grande pertinence.

    Ce que je prenais pour de l’inattention était en réalité sa façon à lui de rester disponible pour apprendre.

    Combien d’enfants TDAH ou neuroatypiques sont-ils encore aujourd’hui perçus comme « perturbateurs » ou « peu motivés », alors qu’ils ont juste besoin d’un environnement qui leur ressemble ?

    respect du rythme, réussite, confiance

    L’élève qui a fini par prendre la parole

    Je pense aussi à cet élève incapable de prendre la parole devant la classe. Rien que l’idée de passer à l’oral le paralysait. Il présentait un véritable mutisme sélectif, involontaire et incontrôlable.

    Alors nous avons pris le temps.

    D’abord seulement devant moi, puis devant une ou deux personnes. Puis devant un petit groupe. Puis devant la classe, mais dos aux élèves. Et un jour, sur un sujet qui le passionnait, il a présenté son travail devant tout le monde.

    Je me souviens encore de son regard à la fin. De sa fierté. Des encouragements de ses camarades. Des applaudissements.

    Ces moments-là valent tous les efforts, tous les aménagements et tout le temps que l’on y consacre.

    La leçon la plus précieuse

    Quand on cesse de demander à une personne de fonctionner comme tout le monde et qu’on cherche plutôt à comprendre comment elle perçoit, apprend et interagit avec le monde, elle peut parfois révéler des ressources que personne n’avait imaginées.

    C’est probablement la plus belle leçon que les enfants neuroatypiques m’ont apprise.

    Et c’est exactement ce qui guide mon travail aujourd’hui : partir de l’enfant tel qu’il est, de ses besoins réels, pour co-construire avec lui des outils qui lui permettent de mieux vivre sa scolarité — et sa vie.

    Vous vous reconnaissez dans ces situations ? Vous accompagnez un enfant qui « ne rentre pas dans la case » ? N’hésitez pas à me contacter pour un premier échange.

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    Cécile Brissaud — Psychopédagogue spécialisée TDAH, DYS, TSA et HPI en Vendée et Loire-Atlantique. Interventions à Legé, Corcoué sur Logne et alentours.