Les idées reçues qu'il faut arrêter de véhiculer

Certaines phrases reviennent sans cesse, dans les couloirs d’école, en salle des maîtres, en famille, parfois même chez des professionnels. Elles partent rarement d’une mauvaise intention. Mais elles ont un impact réel sur la façon dont un enfant se perçoit, et sur l’accompagnement qu’il reçoit. Voici quelques-unes des idées reçues les plus fréquentes, et ce qu’il y a vraiment derrière.

• « Il fait exprès, il suffirait qu’il fasse un effort »

C’est probablement l’idée reçue la plus répandue, et la plus douloureuse pour les enfants concernés. Un enfant TDAH ne choisit pas de perdre le fil d’une consigne. Un enfant TSA ne choisit pas d’être submergé par un bruit que personne d’autre ne semble remarquer. Un enfant dyslexique ne choisit pas de mélanger les lettres. Ce sont des fonctionnements neurologiques, pas des choix de comportement. Le mot d’ordre n’est pas « plus d’efforts », mais « autre stratégie ».

• « Il est pas TDAH, c’est juste un enfant mal élevé »

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental reconnu, avec des bases neurologiques documentées, pas une conséquence de l’éducation reçue. Des parents avec un cadre parfaitement cohérent peuvent avoir un enfant TDAH, exactement comme des parents avec un cadre plus souple. Réduire ce trouble à un problème d’éducation ajoute une culpabilité inutile aux familles, qui portent déjà une charge suffisamment lourde.

• « S’il était vraiment HPI, il serait excellent partout. »

Les enfants qui ont déjà été évalués HPI, le sont généralement car quelque chose est difficile pour eux. Quelqu’un qui va bien, ne va pas faire des bilans pour se trouver quelque chose qui ne va pas. Beaucoup d’enfants qui ont été évalués vivent un ennui profond en classe, une hypersensibilité émotionnelle mal comprise, un sentiment de décalage avec leurs camarades, ou ont parfois des troubles associés (dys, TDAH) qui passent inaperçus précisément parce qu’on suppose qu’un enfant « intelligent » n’a besoin de rien. Le potentiel intellectuel et le bien-être scolaire sont deux choses différentes.

• « Il ne peut pas être autiste, il a des copains, ou il me regarde »

L’autisme se manifeste de façons extrêmement variées, et le stéréotype de l’enfant qui évite tout contact visuel et ne parle pas ne représente qu’une partie du spectre. Beaucoup d’enfants autistes, en particulier les filles, développent des stratégies de camouflage social très efficaces, au prix d’un épuisement énorme une fois rentrés à la maison. L’absence de signes visibles à l’école ne veut pas dire absence de difficulté.

• « Il n’a pas de diagnostic, donc il n’a pas vraiment de trouble »

Un diagnostic prend du temps, parfois plusieurs années, en raison des délais d’attente en pédopsychiatrie, en CMP ou chez les spécialistes libéraux. L’absence de diagnostic officiel ne signifie pas l’absence de difficulté réelle. Un enfant en souffrance à l’école a besoin qu’on l’accompagne dès maintenant, pas seulement une fois qu’un papier officiel confirme ce que tout le monde observe déjà.

• « Ces enfants doivent apprendre à s’adapter comme les autres »

L’adaptation ne peut pas être à sens unique. Demander à un enfant de fonctionner exactement comme les autres, alors que son cerveau ne traite pas l’information de la même façon, revient à lui demander l’impossible, puis à le blâmer de ne pas y arriver. Un environnement qui s’ajuste un minimum permet souvent à l’enfant de révéler des ressources insoupçonnées.

Ces phrases, vous les avez peut-être déjà entendues, ou même prononcées, sans intention de blesser. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait à partir de maintenant. Vous accompagnez un enfant concerné par l’une de ces situations et vous aimeriez en parler ?

Vous vous reconnaissez dans ces situations ? Vous accompagnez un enfant qui « ne rentre pas dans la case » ? N’hésitez pas à me contacter pour un premier échange.

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Cécile Brissaud — Psychopédagogue spécialisée TDAH, DYS, TSA et HPI en Vendée et Loire-Atlantique. Interventions à Legé, Corcoué sur Logne et alentours.