PAI, PAP, PPS : à quoi servent ces dispositifs et comment les demander ?

PAI, PAP, PPS… Ces trois sigles reviennent régulièrement dans les échanges entre les familles, les enseignants et les professionnels qui accompagnent les enfants.

Mais derrière ces lettres se cachent des dispositifs différents, avec des objectifs différents. Alors comment savoir lequel concerne son enfant ? Qui peut en faire la demande ? Et surtout, par où commencer ?

Ces questions reviennent très souvent lors des premiers échanges avec les familles. Voici quelques repères pour mieux comprendre.

Le PAI : quand la santé de l’enfant nécessite un cadre particulier

Le Projet d’Accueil Individualisé (PAI) concerne les enfants dont l’état de santé nécessite des adaptations pendant le temps scolaire ou périscolaire.

Il peut être mis en place en cas de maladie chronique, d’allergie, de problème de santé nécessitant une surveillance particulière ou un protocole spécifique : régime alimentaire adapté, conduite à tenir en cas de crise d’asthme ou d’épilepsie, prise d’un traitement, etc.

Le PAI concerne donc principalement le domaine de la santé. Il ne vise pas directement les apprentissages, même s’il peut tout à fait coexister avec un PAP ou un PPS lorsqu’un enfant présente plusieurs besoins.

Le PAP : accompagner les apprentissages sans passer par la MDPH

Le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) concerne les élèves qui rencontrent des difficultés durables liées aux apprentissages, notamment dans le cadre de troubles des apprentissages comme les troubles DYS.

Il peut permettre de mettre en place des adaptations pédagogiques : temps supplémentaire, supports aménagés, consignes reformulées, limitation de la copie, utilisation d’outils numériques, dispense de certaines situations trop coûteuses cognitivement…

Le PAP ne signifie pas que l’enfant est « moins capable ». Il permet simplement de compenser une difficulté pour que l’élève puisse davantage mobiliser ses compétences.

Il est demandé par la famille ou l’équipe éducative, après avis médical (souvent celui du médecin scolaire). Des bilans réalisés par des professionnels peuvent venir éclairer les besoins de l’enfant.

Contrairement au PPS, le PAP ne nécessite pas de dossier auprès de la MDPH.

Le PPS : lorsque la situation relève du handicap

Le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) concerne les enfants dont les besoins nécessitent une reconnaissance par la MDPH afin de mettre en place des mesures de compensation adaptées à sa situation.

Il peut permettre d’obtenir différentes aides ou compensations : accompagnement par une AESH, matériel pédagogique adapté, orientation vers un dispositif spécifique…

La mise en place d’un PPS nécessite le dépôt d’un dossier auprès de la MDPH. Les délais de traitement peuvent être longs, parfois jusqu’à 15 mois en cas de recours. Il est donc important d’anticiper les démarches lorsque les besoins de l’enfant sont identifiés.

Attendre que la situation devienne trop difficile peut malheureusement entraîner une période de grande fatigue pour l’enfant, sa famille et parfois les enseignants.

Comment faire une demande concrètement ?

Quelle que soit la situation, le premier pas est généralement d’échanger avec l’établissement scolaire.

L’enseignant, le directeur d’école ou l’équipe éducative peuvent aider à identifier les besoins de l’enfant et orienter vers la démarche adaptée.

Selon les situations, différents bilans peuvent être nécessaires : bilan orthophonique, psychologique, neuropsychologique, médical, ergothérapeutique, …

C’est souvent à ce moment-là que les familles se sentent perdues : quel professionnel consulter ? Quel bilan demander en priorité ? Comment comprendre les conclusions ? Comment transmettre les bonnes informations à l’école ?

Un accompagnement peut parfois permettre d’y voir plus clair et d’éviter de multiplier les démarches sans véritable fil conducteur.

Vos questions fréquentes sur le PAI, le PAP et le PPS

Quelle est la différence entre un PAP et un PPS ?

Le PAP concerne principalement les élèves qui présentent des difficultés durables dans les apprentissages, notamment liées à des troubles des apprentissages (comme les troubles DYS), sans nécessité de reconnaissance de handicap par la MDPH.

 

Le PPS concerne les élèves dont la situation est reconnue comme relevant du handicap par la MDPH. Il peut permettre la mise en place de compensations comme une aide humaine (AESH), du matériel adapté ou une orientation spécifique.

Qui peut demander un PAP ou un PPS ?
La demande peut être initiée par la famille ou par l’équipe éducative. Dans les deux cas, il est important d’échanger avec l’établissement scolaire afin d’identifier les besoins de l’enfant et de choisir la démarche la plus adaptée.
Est-ce qu’un diagnostic est obligatoire pour avoir un PAP ?

Non. Un diagnostic n’est pas toujours indispensable pour demander un PAP. C’est l’existence de difficultés durables dans les apprentissages et les besoins de compensation de l’élève qui sont pris en compte.

 

Les bilans réalisés par des professionnels (orthophoniste, psychologue, neuropsychologue, ergothérapeute…) peuvent néanmoins aider à mieux comprendre les difficultés rencontrées.

Combien de temps faut-il pour obtenir un PPS auprès de la MDPH ?
Les délais de traitement d’un dossier MDPH peuvent être longs et varient selon les départements. En Loire-Atlantique, le délai moyen d’instruction d’une première demande est d’environ 8 mois. Et cela peut se prolonger de plusieurs mois en cas de recours. Ces délais peuvent varier selon les périodes et la complexité des situations. Il est donc conseillé d’anticiper la demande dès que les besoins de l’enfant sont identifiés, sans attendre une situation d’épuisement ou d’échec scolaire.
Un enfant peut-il avoir plusieurs dispositifs en même temps ?
Oui. Certains enfants peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs complémentaires selon leurs besoins. Par exemple, un enfant ayant une maladie nécessitant un protocole médical peut avoir un PAI, tout en bénéficiant également d’un PAP ou d’un PPS pour les apprentissages.

Vous vous reconnaissez dans ces situations ? Vous accompagnez un enfant qui « ne rentre pas dans la case » ? N’hésitez pas à me contacter pour un premier échange.

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Cécile Brissaud — Psychopédagogue spécialisée TDAH, DYS, TSA et HPI en Vendée et Loire-Atlantique. Interventions à Legé, Corcoué sur Logne et alentours.